Je ne la connaissais pas, je ne l'avais même jamais vue et lui prêtais mille visages quand il m'arrivait de penser à elle. J'étais son endroit, elle était mon envers. elle était aussi mon endroit et j'étais l'envers de l'étoffe qui éait notre lot commun et que, fil à fil, avec obstination, je tissais.
Un jour enfin, et pourquoi celui-là ? elle m'a fait ce cadeau, elle m'a fait cette grâce : je l'ai vue. elle avait le visage du manque et celui de l'absence et j'ai su que c'était elle et j'ai su que je l'.
Alors, de ses mains blondes, avec douceur, avec tendresse et avec fermeté, elle a déchiré le masque de dentelle noire qui collait à ma peau et me faisait un visage. Elle l'a emporté, m'a souri, puis m'a dit qu'elle voulait partir, qu'elle voulait aller, qu'il était temps, que maintenant j'allais pouvoir la détacher, défaire nos cordes, la laisser enfin vivre sa vie et vivre sa mort. Alors je l'a laissée. Je l'ai laissée partir, je l'ai laissée s'en aller, là ou elle voulait aller, là ou pourrait s'accomplir son destin, là ou j'avais choisi de l'ignorer, elle avait toujours voulu être et ou, finalement, elle avait toujours été.