quand on (du) mal
Par Dale Coooper
Quand on a du mal, quand on a mal, je crois que le mieux est de laisser aller. Laisser aller, laisser partir avec le flot, le courant, les marées. Je n'essuierais pas la bruine sur mes lunettes, ni le froid dans mon dos. J'irai juste me poser par là et attendre le coup de vent qui tourbillonera tout dans un souvenir voilé. elle non plus, elle ne se retournera pas; tout au pire, elle inspirera profondément ces bouffées qui la faisaient marcher un peu vite le soir en rentrant. Ensemble ils arriveront petit à petit à nager dans le sens du courant, à n'ouvrir les paupières qu'une fois sur deux, et s'offrir des sourires comme des explosions de joie. Et puis lui, celui qui reste, celui qui se recroqueville, qui voit vieillir le bon temps, mais qui finira toujours par se tenir la tête entre les mains. tout le monde lui posera des questions, mais comme à son habitude il haussera les épaules, pour mieux cacher son visage, et repartir les mains dans les poches. Je les regarde tous et je me reconnais dans chacun d'eux. J'ai souvent les mains dans les poches, je marche vite le soir en rentrant, et je n'essuie pas la bruine salée sur mes lunettes. Ni la buée.
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