Jamais content
Par Dale Coooper
La première est la-bas, alors qu’elle voudrait être la-bas (l’autre la bas). Plus à l’est, plus au sud, plus au chaud, plus près de ceux qu’elle aime, et qu’elle aimerait voir vivre, grandir.
Une autre en a eu marre de faire ce qu’elle faisait, parce que ce qu’elle faisait, ce n’est pas ce qu’elle aimait. Aujourd’hui elle se demande si elle a raison, si elle a bien fait, si elle aurait du, ou si elle aurait pas du. Si elle doit continuer
.Une autre me dit à demis mots qu’elle écrit, mais qu’elle trouve ça à chier, alors elle dessine. Et puis elle étudie les philosophes, les penseurs tout ça. Elle apprend à parler russe, elle va en Italie et puis au Mexique aussi. Mais personne ne lit ce qu’elle écrit. Personne ne peut.
Une autre encore, est malade chez elle, à crever. Elle est fébrile, décharnée, mais elle veut aller bosser tant elle ne supporte plus de rester chez elle à donner des coups de hache dans des demons.
Et moi je suis là, alors que j’aimerais être plus loin. Toujours plus loin. Et quand je suis plus loin, c’est ailleurs que je voudrais être. Avec un pull différent. Et ce que je tiens dans ma main droite, j’ai beau venir de l’acheter, j’ai déjà envie d’en changer. L’autre coté de la route ça à l’air mieux. Quand est-ce qu’on est réellement satisfait ?
Encore hier soir, je me disais « C’est parfait, je suis bien là, à ce moment précis, dans cet endroit précis ». Et pourtant non, à y réfléchir un peu, j’avais un peu froid, je me sentais un peu seul, et mon estomac réclamait… J’aurais pu me lever, augmenter le chauffage, me griller une tartine et y étaler de la confiture. Mais de toutes façons j’aurais quand même été un peu seul… Il aurait manqué quelque chose, il manque toujours quelque chose, même quand c’est parfait.