La tête des mauvais jours
Par Dale Coooper
Il attend sur le bord du lit, sa sentence.
Dans sa tête, une chanson de Damien rice tourne au ralenti, derrière ses mots à elle. Il a du mal à se concentrer, à saisir le poids de ce qui se dit, des phrases qui font le tour de la pièce avant de venir frapper sa nuque comme des pichenettes de maitresse d'école.
Il a du mal à tout rassembler, à faire le point, à être raccord avec son environnement, son âge, ses responsabilités.
Il s'essaye a quelques mots, quelques explications ça et là, maladroitement. Il dit ce qu'il ressent, mais ne se fait pas confiance, malheureusement
La fièvre ne doit pas aider, même si elle a un peu chuté, et ça résonne là-haut.
Comme toujours, il se demande ce qu'il a fait pour mériter ça.
Comme toujours il s'impose son rôle de martyr, sans doute afin d'atténuer sa peine, qui va bientôt venir.
Il entend toujours les mêmes mots, dans le même ordre : "peur", "pas prête", "sentiments", "pas pour te faire du mal", "à ma place". Son fatalisme n'a jamais été aussi réaliste, un peu comme ses rêves qu'il fait souvent et dont il connait la fin, et qu'il se raconte à mesure qu'ils se déroulent. Le schéma est toujours le même : Résignation, puis incompréhension, et quelques jours après, c'est le refus qui prend le pas, et la souffrance qui va avec. Il se demande si le processus est le même que lorsqu'on est en deuil, qu'on perd un proche. Il se dit qu'au moins, quand on perd un proche, il n'y a pas d'issue, il faut l'accepter, alors que pour elle, il va devoir vivre avec l'idée qu'elle l'a mis de coté et que, si ça n'a rien de personnel, c'est totalement personnel.
Si "ce n'est pas toi", c'est lui quand même.
Si "ça n'a rien à voir avec ça", tout a à voir avec ça.
Il partira, presqu'heureux que la conversation n'ai pas tourné au vinaigre, aux reproches faciles, et aux mots pas très jojos... Le seul truc qu'il n'arrive pas à s'enfoncer dans le crâne, c'est que peu importe la forme, et que dans le fond, c'est toujours aussi violent, et ça lui fait toujours aussi mal.
Dans sa tête, ça bourdonne. Dans ses yeux il n'y a rien. Malgré tout, il a le sourire de l'ironie, celui qui parfois déclenche un fou rire nerveux dans les pires situations. Ce n'est plus Damien Rice qui fredonne alors dans son crâne, mais une vieille chanson, d'un vieux groupe dont il a oublié le nom. Mais peu importe.