Dans un contexte toujours croissant d'inimitié et de violence, on a toujours du mal à se placer. On nous le fait bien savoir, dans les journaux, à la télé, sur le web. Et il y a peu de chance pour que ça change. Même les statistiques vont dans ce sens, et ce depuis plusieurs années. alors plusieurs comportements possibles face à cette déferlante : soit on arrive à gérer tout ce qui se présente, et il devient alors possible de se détacher de tout ce qui vient polluer un quotidien saturé, soit on supporte ce marasme avec l'espoir que tout cela va s'améliorer. "Qui peut s'en plaindre ?" nous rabâchent les bien pensants, et leur pesante morale. Mais d'un autre coté il est vrai que réussir le tour de force de prendre à bras le corps toute cette spoliation quotidienne relève du miracle.
Alors bon, on est là comme ça, on se demande ce qui va nous tomber sur le coin de la thrombine, et puis on oublie, un peu au hasard ce qui nous a amené là. On divague, on s'étourdit, et la pilule se déglutit toute seule. Quoiqu'il en soit, on arrive toujours -toujours- à se dire que ca pourrait être pire, que par ou on est passé, on a vu pire et que dans le meilleur des cas, tout ça s'éparpillera, se dissoudra dans la marée de la vie. de là, la toiture n'est plus faite de chaume, mais de vraies ardoises de crimée, dans la plus pure tradition des couvreurs anglais. Bien sûr, il faut y mettre le prix, mais l'investissement est vite mis à flots, car nous le savons bien, une toiture bien couverte évite de lourds désagréments durant les saisons humides et venteuses. Quand on y pense, c'est plutôt facile de remettre en cause la dernière constitution, le rôle du président qui n'est que la clef de voûte des institutions, la représentativité toute relative des opinions du citoyen, mais ce serait comparer une île flottante à un marteau dernier cri, ce qui n'aurait pas vraiment de sens.
Alors ou commence le rêve et ou se termine le songe ? qu'on soit technicien ou spécialiste, ce n'est pas l'huître qui fait l'humeur du cordonnier, ni le shampooing qui rend ses moustaches au père ventru. Personne n'ira contre ça, je le sais, je le sais. Si l'on prend alors une règle graduée, qu'on pose son trousseau sur la console de l'entrée, et que -simultanément- on arrive sans perdre une goutte du précieux liquide, à ouvrir le bac a glaçons du répertoire à vacances, la vérité est sûre d'éclater au grand jour. Les unes des journaux à scandales ne s'en remettront pas, les ventes s'effondreront logiquement, et ce, même dans un contexte optimiste ou les habitants éprouvent un grand besoin de compassion et d'écoute. Ce sera alors la fin du ramassage des oignons à la main tel qu'on le connaît aujourd'hui, et laisseront leur place les plus abîmées des représentantes du bas-clergé, qu'elles soient jeunes, ou plus matures.
Et là, on a beau entendre à droite et à gauche qu'il n'est pas nécessaire de se vider complètement pour atteindre un certains confort de vie, voire une autre perpective pénitentiaire, il est facile de se perdre sans pour autant avouer sa faiblesse, et alors devenir vulnérable à toutes les agressions bacilactiques.

Pourtant, si on arrive à faire le point, à se demander ce qui a pu clocher à tel point qu'on ne comprend vraiment plus rien à rien, c'est la liberté qui vient vous délivrer par elle même, sans qu'on ne lui ai rien demandé, sans que même on ait eu besoin d'aller la déranger. Facile alors de dire pour celui qui de dessus admire le tableau et ose hurler bien fort que "de toutes façons, c'est toujours comme ça" ! On ne leur jettera pas la pierre de toutes façons. enfin, elle me demande si j'ai déjà parlé a une fille pendant 12 heures d'affilé, alors je lui réponds que je ne parle pas.