Je pleus. des torrents, des rivières, des caniveaux, des bouches de tout à l'égout. Je tinte dans la plus appaisante des symphonies aléatoires, rythmée par le tonnerre qui s'est fait attendre.
Gris inquiétant le ciel au parc Monceau, noir effrayant Rue de Courcelle. déchainé boulevard Pereire, là ou j'habitais jadis. Le vent s'est levé bien vite, et l'automne a rattrapé le printemps, tout du moins pour quelques heures. Je m'assois dans ce canapé en buffle, le fenêtre est ouverte et je me lave. Tous ces visages, toutes ces façades d'immeuble, ces détails qui me saturent et me fatiguent ou bout d'un moment. Heureusement bientôt, je vais partir. Assez loin et assez longtemps : Il est temps de prendre congé et de me laver avec ces gouttes bienfaisantes dont la mélodie me ravit. Je ferme l'oeil et ouvre les oreilles. Pour une fois.
Je ruisselle d'insouciance et de paix, je suis déjà parti depuis bien longtemps en attendant le vrai départ. Je m'écoule dans la cour, et je m'attriste qu'aucune goutte ne vienne mouiller les vitres de mon antre. Ca reste sec. Le plic et le ploc s'arrêtent dehors. Seul le gris rentre, et ces vagues qui tintent à mes oreilles. J'aurais bien mis de la musique, mais cette mélodie humide me va bien mieux aujourd'hui. Je me lave.
Le tonnerre a cessé d'importuner les nuages, et ils se déversent, comme moi. Le thé refroidit et le pain au chocolat n'a pas vraiment eu le temps de rassir. La pièce de grise devient jauneâtre, et j'ai juste envie de couler, m'endormir en écoutant la 2nde symphonie orageuse, et enfin m'envoler dans un fracas épouvantable.