Poke and destroy
Par Dale Coooper
Les filles, elles sont super polies; elles écrasent pas tout ce qu'elles voient. On peut les emmener dans une magnifique forêt un dimanche matin à l'heure ou blanchit la campagne, avec de gigantesques toiles d'araignée pleines de rosée tendues entre les feuillages. Et bah à aucun moment elles n'auront l'incontrôlable envie ni de toucher, ni de pousser, ni de mettre un coup de pied pour déchirer le tout, ou bien de simplement tout exploser. Non.
Nous les garçons, on est programmés pour tuer. On veut écraser tout ce qu'on voit. C'est comme ça. On peut pas nous emmener dans un musée avec des os de dinosaures qui pendent du plafond. Tout de suite, c'est irrépressible, faut qu'on touche, qu'on pousse, qu'on ballourde un bon coup de pied la dedans pour qu'on voit si ça tient. Tout pêter. Un bon coup de latte pour envoyer tout en l'air, sauter dessus à pieds joints, y aller avec les talons si besoin, réduire tout en poussière. Là. Voilà. Je suis un garçon, faut que je touche et que je détruise. C'est comme ça.
Une manchette, une droite, encore des coups de pied retournés, squisher, pêter, exploser, crusher, slammer. Vlan !
Genre chui dans la nature l'autre jour avec une fille que je connais, et là elle voit une petite chose dans le sable. Elle dit qu'il faut la laisser tranquille, que cette petite créature mérite d'être tranquille dans son habitat naturel.
Mais je ne comprends pas.
Si je trouve une petite chose délicate, tout de suite, automatiquement, sans réflechir, je me demande à quoi ça pourrait ressembler coupé en deux par la moitié. Genre découpé autour des coutures...
La fille ouvre la bouche et dit "c'est maaaaaagnifique".
Là il faut que je touche pour savoir, que je prenne une branchouille pour titiller. Ouais j'ai envie d'y foutre le feu, de taper dessus voir si ça craque ou si ça squish. Faut que je touche, faut que je dématte, faut que ça gicle, et faut pas que y'ait de prisonniers !
Bah ouais quoi. Chui un garçon. Là. Pas de ma faute.