J'ai vu Cherry pour la première fois alors qu'elle n'avait que 17 ans. Sa blondeur inspirait presque une innocence angélique à des lieues de sa réputation sur le campus. Cherry était cheerleader des pumas, et prenait son métier à bras le corps. Ou même ses bras autour des corps de son équipe adorée. Dans tout l'état, on le savait : Cherry Wingfield savait prendre soin de ses joueurs, aussi bien avant le match qu'après...
nous nous sommes rencontrés à la grande cérémonie annuelle des university sports awards, l'année ou j'ai reçu la récompense de meilleur quaterback du middle-west. Cherry est tout de suite tombée amoureuse de moi, alors qu'on m'épinglait ma médaille. "Tu ressemblais à mon père lorsqu'il a reçu ses médailles pour ses exploits au vietnam" m'a t-elle avoué un peu plus tard. "Fier, déterminé, charismatique, j'ai tout de suite su que c'était toi...".
Derrière ses atotus physiques qu'elle mettait souvent en avant, Cherry était une grande romantique. Quand nous baisions, jusqu'a 4 fois par jour, cherry me suppliait de l'épouser, de lui faire de beaux enfants, et m'assurait en me prenant dans sa bouche que c'est le traitement qu'elle me réservait chaque jour que dieu ferait, si je lui passais la bague au doigt.

Quelques jours après son 18e anniversaire, tout le campus était au courant que je lui avais offert une bague, et je fus le premier étonné d'entendre parler de fiançailles. Cherry était comme ça, quand elle voulait quelque chose, elle l'obtenait. Je me rapelle que c'est à l'occasion d'une douche un peu trop chaude dans les vestiaires du gymnase, que j'ai accepté de l'épouser. Ses parents étaient déja au courant, me trouvaient formidable, et la nuit suivante, nous parlions déjà du plan de table, du chemin de table, des fleurs, de sa demoiselles d'honneur qu'il fallut appeler au milieu de la nuit, et de la maison de campagne que ses parents allaient nous donner en cadeau symbole de notre amour.
La cérémonie était somptueuse, et Cherry n'avait jamais eu de plus beau sourire. Elle était heureuse, et moi aussi j'imagine.

Le voyage de Noce à Cape Cod à peine terminé, j'ai arrêté mes études pour accepter une place en or dans l'entreprise de logistique de mon beau père. Je sais que mes parents ont désaprouvé ce choix, et que non seulement ce n'était pas le domaine auquel je me destinais, mais qu'en plus j'ai du arrêter le football, mais c'était bien payé, et je m'assurais plus ou moins un avenir sérieux.
Et puis Cherry n'a pas voulu continuer ses études elle non plus, commentant qu'elle serait mieux à la maison à s'occupper de notre enfant, Taylor. C'est comme ça que je l'ai appris, alors qu'un matin j'ouvrais un paquet contenant le "tire-lait sans douleur du docteur Bergstein". D'un regard et d'une mou ravageuse, elle a su balayer mes soupirs désaprobateurs quand je lui demandais depuis quand elle avait arrêté la pilule contraceptive. Elle me dit que depuis trois mois, elle avait laissé tombé, qu'elle était enceinte depuis 2 mois, et qu'elle comptait me faire la surprise le lendemain. Elle m'entraîna sur le lit, et me fît l'amour comme jamais. "Taylor, c'est un joli prenom, et il ira aussi bien à une fille qu'à un garçon" aquiéssais-je sur l'oreiller. Ce fut une des dernières fois que je la touchais.
Cherry se mit à acheter tout ce qui se présentait devant ses yeux sur le shopping channel. Des magic mixer, des sculpt-abdos pour quand elle aurait accouché. Des sets de batteries de cuisine et des couteaux japonais. Des nappes rectangles anti-insecte, des "oreillers tendresse". Des soudes sacs thermique, un body twister, et une machine a tricoter. Et bien sûr, la brosse déodorisante canine pour Butterfly, le caniche nain que lui avait offert sa mère.
Cherry à commencé à ne plus vouloir sortir de la maison dès le 6e mois de sa grossesse, par mesure de précaution. De l'autre coté, mon beau père comptait beaucoup sur moi au boulot, mais me ramenait toujours à la maison le soir, même lorsque le plus souvent, nous terminions après 22h. J'avais espoir, -Jack m'encourageait dans ce sens- et je visais le poste de superviseur national. "Vous travaillez bien, ma fille a de la chance, j'ai toujours été un modèle pour elle, je suis content qu'elle ait trouvé un prolongement de cela à travers vous...". Quand je rentrais le soir, Cherry dormait déjà, les deux mains sur son ventre, qui prenait désormais beaucoup de place dans le lit entre nous !

Et puis Jack et AbiGail ont divorcés, Cherry a du rentrer à l'hopital au début de son 8e mois de grossesse tant elle a mal supporté la séparation de ses parents. Jack ne venait plus travailler et reposait toute la charge sur mes épaules. J'ai perdu 8 kilos, et Cherry notre enfant, suite à une prise un peu inconsidérée d'anxyolitiques. Cherry m'en a beaucoup voulu, de ne pas être là alors qu'elle sombrait avec notre progéniture. Jack n'a jamais su lui dire que je me démenais pour garder sa société à flots.

Et puis Abigail à réclamé ses parts de la société, et passait de plus en plus de temps chez nous, à se nourrir avec sa fille de toutes les saloperies qu'elle pouvait acheter sur le chemin. Leur alimentation consistait à ouvrir des paquets de sucreries, ou déboucher des bouteilles de scotch.
Cherry ne m'a plus jamais souri. Pourtant à chaque fois que je la voyais dans le canapé avec le chien, alors que je passais le pas de la porte en croisant Abigail qui partait, je la revoyais triomphante en haut de la pyramide, tenant son pied sans une main en hurlant pour encourager son équipe...

Quelques mois plus tard, l'entreprise de Jack mis la clef sous la porte, sous les pressions des avocats d'Abigail. Et moi avec.
Je suis rentré ce soir là, il y avait de l'agitation autour de la maison, des gyrophares qui m'aveuglaient. Je n'avais évidemment rien compris. Jack, qui serrait Abigail dans ses bras, s'est approché de moi avant que je n'atteigne le trottoir et m'a envoyé son poing de Colonel en pleine figure. "J'ai eu plus de compassion pour les viet congs que je n'en ai pour toi aujourd'hui ! Ne t'avise plus d'approcher Cherry, ou je te saigne de mes mains, petit con. Tout cela est de ta faute". Derrière je voyais passer une civière poussée par les ambulanciers, et je reconnaissais la chevelure de Cherry, ma Cherry. A peine avais-je eu le temps de comprendre ce qui c'était passé, qu'un officier de Police m'aida à me relever en me conseillant de partir d'ici au plus vite "dans mon interêt", en précisant que je recevrais rapidement une convocation au poste de police. Puis il alla serrer la main de Jack et lui tapa dans le dos, en lui assurant qu'ils ne me laisserait pas m'en sortir comme ça. J'avais tout juste 21 ans.