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Over my shoulder




Tu n'es pas là.


La distance amoureuse, ce souvenir sans cesse remis à jour au gré des rencontres jamais fortuites mais toujours grisantes, et qui, par la force des choses et du quotidien décharné, ne s'évapore jamais. Le spectre de la présence à jamais imprimé sur la rétine des moments fugaces, arrachés aux ultimatums des portes d'embarquement et des week ends trop peu prolongés.
L'instant exacerbé, l'attente soupirante et la mélancolie latente, l'éloignement du corps aimé exhale une chimie trop peu exercée, des mécanismes pas automatiques et trop souvent (b)rouillés par les schémas des fables de l'enfance ou de la bibliothèque rose.
Reprendre la plume, renifler des grigris odorants, mieux profiter des sourires, faire le plein de grain de peau et de mouvements addictifs pour nourrir de fantasmes l'absence de l'aimée qui laisse dans son sillage la douce amertume des fruits de saison pas encore mûrs, consommés trop tôt par gourmandise.


V-nus


Là un dard venimeux là un socle trompeur plus loin une souche à demi-trempée dans un liquide saumâtre plein de décoctions d’acide qui vous rongerait les os et puis l’inévitable clairière amie vaste, accueillante les fruits à portée de main et les délices divers dissimulés dans les entrailles d’une canopée plus haut que les nues elle est née des caprices elle est née des caprices pommes d’or, pêches de diamant, des cerises qui rosissaient ou grossissaient lorsque deux doigts s’en emparaient la pluie et la rosée toutes ces choses avec lesquelles il était bon d’aller guidé par une étoile peut-être celle-là première à éclairer la nuit.


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