Daengue...
Par Dale Coooper

Par Dale Coooper

Par Dale Coooper
Imaginez, 2h30 du matin au milieu de la nuit la plus chaude de juin : il se réveille sans raison et regarde sa montre dans la lueur de la lune. Sa bouche est aussi sèche que ses yeux alors qu'il se bat pour se lever, et il s'arrête de contempler les cuisses de sa femme pour reboutonner son haut de pyjama. Il trouve ses chaussons là où il les a laissés sous la chaise derrière 2 mugs et une vielle édition de Marie Claire, et déambule hors de la chambre. Il appuie sur le bouton "on" de la machine à café, qui - bien-sûr - fonctionne à merveille. Il surprend son reflet dans l'éclat stainless steel de l'engin, et c'est un visage qu'il connait bien, malgré qu'il dût paraître moins maltraité, surtout avec ces hydratants et tous ces produits pour la peau dont il a deja usé et abusé. Il traverse la cuisine, -un hommage à l'inventeur du métal brossé-
sur le nouveau revêtement de sol en pin en plastique, mais qui fait illusion, dépasse dans le salon sa télé plasma avec écran cinéma et le son surround, et s'arrête à son endroit favori près de la fenêtre. Il regarde en bas, sur la rue éclairée d'orange au coin de son parking privé, où son audi TT l'attend en sécurité dans la pénombre... Il garde tout à l'interieur, mais s'il pouvait, il raconterait tout, quitte à perdre son train de vie idéal...
A ce moment il peut entendre le carillon tinter au vent sur le balcon, et son téléphone beepe sur la même note pour lui signaler un sms. Il Vérifie, et c'est Jill, celle qui était jadis sa secrétaire, avant qu'ils ne se lancent dans une liaison et que le tout devienne vraiment flippant. Aujourd'hui sa femme Mary est lasse de tous ses mensonges, comme si elle avait lu toute cette histoire sordide dans ses yeux des milliers de fois. Et puis le fait qu'il lise maintenant que Jill soit en retard de 2 semaines n'aide en rien son affaire, et son état mental commence vraiment à se gâter (ndlr :dégénérer, s'avilir, se corrompre, se dégrader, se pervertir, déchoir, décliner, dépérir, diminuer, s'affaiblir, s'étioler, se faner, péricliter, s'anémier, s'atrophier, s'altérer, empirer, s'envenimer, s'aggraver, se gâter, moisir, s'abîmer, s'assombrir, se brouiller, pourrir, croupir, se décomposer, se faisander, se dénaturer, se putréfier, se vicier, rancir, se gangrener, se nécroser, s'avarier, souffrir, je n'ai pu choisir).... Il n'a jamais vraiment su comment il a pu s'éloigner autant des ornières qu'il avait lui même creusé, ou même pourquoi il est aujourd'hui encore plus cassé que toutes ces promesses qu'il a voulu tenir un jour.
Et ça fait des lustres qu'il n'a pas dormi. Correctement tout du moins, ses sommeils étant toujours interrompus par ses rêves d'activités extra-maritales. Il essaye néanmoins de retrouver le ravissement dont il jouissait au milieu de ses aquisitions matérielles, et ses sessions interminables de psychothérapies au détail... Mais en vérité, il aurait mieux fait de bien écouter ce que son père lui a dit avant de mourir : "les meilleurs choses dans la vie sont celles que tu ne peux pas acheter mon garçon..."
Dire qu'avant il se sentait si protégé dans son tombeau sponsorisé par Ikea, si loin des cris, des loubards et des filles à la moue surpeinte, des folles en costumes et des gosses dans leurs nikes fraiches sorties de leur boite qui balancent des cailloux sur les maison de la rue d'en face, sur leurs vtt tout rouillés...
Il est tombé là, s'est jeté sans un bruit, sans un cri, droit comme un i, fier et con comme son titre sur sa carte de visite, désabusé mais enfin maître de son destin pour la première fois depuis ces 8 derniers mois.
Strategic.
Sales.
Executive.
Business.
Manager.
Bullshit.
Dead.
Par Dale Coooper

Par Dale Coooper
Par Dale Coooper


Par Dale Coooper
Il avait eu envie d'elle tout le jour. son esprit s'étreignait. Il aurait voulu lui faire l'amour là, alors que la nuit s'installait, tout juste dessous cet arbre.
Ils étaient trempés, à peu près autant par la pluie chaude qui tombait droite et lourde, que par le bain improvisé dans ce lac au couché du soleil.
Il se disait que ce n'était pas lui manquer de respect que de vouloir la faire basculer avec lui, dans la mousse tendre, entre les racines de la mangrove. Tout s'y prêtait à ses yeux. Ils étaient bien, il faisait bon, et ce baiser qu'il avait déposé au coin de son sourire lui donnait une incroyable impression de bien-être.
Alors pourquoi s'arrêter là ? Pourquoi ne pas lui montrer qu'il la désirait comme personne ? Il se persuadait tout seul sans avoir envie de gâcher l'instant, et la serrait un peu plus fort dans ses bras.
Il ne pleuvait plus maintenant, et leur regard s'éteignait à mesure que la nuit tombait. Pourtant ils ne se quittaient pas des yeux, et tout autour d'eux semblait converger dans ce tunnel formé par cette étreinte visuelle.
Tout se passait là.
Les sourires en disaient à peu près autant que leurs silences, et même les cris de la faune rythmaient ce moment, presque figé.
Les corps figés, les regards figés, les coeurs figés.
Elle posait sa tête au creux de son cou, et il aimait se dire que sa jolie chevelure lui rafraîchissait la joue à mesure qu'il laissait tomber son visage contre ses cheveux. C'était doux, elle sentait l'ambre et goûtait le sel. La lune lui donnait à présent une couleur d'ivoire, et la pluie qui se remettait à tomber venait frapper en reflets luisants ses hanches pleines.
Ses formes se dessinaient sous le coton léger et détrempé de ses habits. Il la sentait s'endormir contre lui. Son coeur battait plus lentement que jamais et il sentait qu'elle respirait profondément, insouciante et calmée par l'étreinte qu'il tenait autour d'elle.
Alors qu'il posa sa main sur son ventre pour mieux sentir sa respiration, elle ouvra les yeux grand, comme lors d'une renaissance. Il regrettait déjà son geste, mais elle roula sur lui, ses genoux de chaque coté de ses hanches, ventre contre ventre, torse contre torse. Elle posa ses mains sur ses joues, et l'embrassa comme la plus intense des demandes. Il la serra fort, et sans même un effort ils se retrouvèrent nus, s'emboîtant l'un l'autre, si naturellement qu'il souriait d'avoir douté de lui, d'eux, d'elle.
Les plus doux baisers étaient échangés, les caresses n'arrêtaient plus, et les emprises grandissaient à mesure que leur souffle puis leurs gémissements se faisaient présents.
Il s'aimèrent toute la nuit, s'endormant l'un dans l'autre, puis souvent, dans un sursaut, se rappelant que cette nuit là serait peut-être la seule, ils recommençaient à se donner du plaisir, sans jamais se lâcher, sans jamais se décoller, sans jamais faiblir sous la lune et la pluie qui venait régulièrement réveiller leur désir.
Ils s'offraient tous les deux, comme une marque de confiance, comme un merci salutaire et réciproque, comme pour remplacer ces mots qu'ils ne trouvaient jamais, comme pour se dire qu'une fois encore, ils se comprenaient.
Par Dale Coooper
J'entends encore l'onde sensuelle de ta bouche sur la mienne. C'était si fort, c'était si beau, la philosophie de ton souffle entre mes mots. Les plumes volent encerclées par tes ondes, mes habits collent, faut qu'j'm'innonde. Mais je n'sais plus où donner du crâne, ça n'répond plus, j'attends la panne.
Mais comment t'atteindre, onde sensuelle ? Toi qui me donnes des ailes... Pourrais-je te rendre un jour éternelle ? Pour nous lier jusqu'au ciel...
Tes doubles sens si romantiques m'ont troublé, onde magique... Y a-t-il un sens à ta venue ? As-tu un nom? Moi non plus...
Par Dale Coooper
Je ne vois pas bien le message derrière le fait que mon poisson ait attendu le jour de la Saint-Valentin pour se laisser mourrir (et ce après des mois de lutte et sans rien manger), mais voila c'est fait. Paix à ses branchies.
Et puis de toutes façons hein, je ne suis pas superstitieux, ca porte malheur ! (On va dire ça...)