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Une saison au jardin des Tuileries

Je crois qu'on pourrait ne pas se voir pendant des décennies Maggie et moi, qu'on se retrouverait toujours au même endroit: là ou on s'est quitté la dernière fois. Il n'y a pas vraiment de point de suspensions entre deux de nos rencontres. Un sourire, puis un point la fois d'avant, une majuscule et une porte qui s'ouvre la fois d'après.
Cette fois-ci c'était la porte d'un taxi garé n'importe comment au bout de la rue de Rivoli, sous une nuée de klaxons assourdissants. Elle sourit, bien-sûr, ce depuis qu'elle m'a aperçu les mains dans les poches a coté de l'arrêt de métro Tuileries...
Elle sort de la Mercedes et trimballe comme à son habitude un sac de 45 litres et autant de kilos. elle se jette sur moi et son sac sur le trottoir. Je ne me fais pas à ses hugs presque violents, mais violently happy. Et si salvateurs. elle me sert fort, presqu'aussi fort que moi la bougresse. elle n'a que peu de temps comme souvent, mais je sais qu'elle dit ca pour se donner de l'importance alors qu'elle n'en a point besoin.

"direction les touileries" me dit-elle tout juste après m'avoir laché. Ca tombe bien, le touileries ne sont pas loin. Comme elle a des yeux partout, elle me dit qu'il ne pleuvera pas alors qu'elle m'entrinae derrière elle et que j'ai les yeux fixés au ciel.
Elle choisira le banc le plus improbable, le plus exposé aux courants d'air, le plus sale, et le moins confortable. Elle ne fait pas vraiment exprès, et je ne l'en blâme même pas.

On parle de tout trop vite, mais attentivement. Son sourire la trahit quand je lui parle de choses graves, je crois qu'elle est contente de me voir. Et j'ai tellement besoin de cela.
On ne dirait pas qu'elle est maman. surtout pas lorsqu'elle sort un paquet de popcorn Orville Redenbacher's au cheddar de son sac ou je pourrais presque siester.

"on s'en fout plein les mains et on a les doigts qui puent le cheddar après, mais ce sont vraiment mes préférés !!!"

Elle me ferait manger n'importe quoi je crois bien, si ce n'était pour l'entendre encore et encore me parler de sa vie. Oh rien de vraiment passionnant, mais je n'ai jamais vu une vie qui semble si choisie. Elle ne subit rien, ni ses ruptures, ni ses échecs, ni ses demis-succès. Elle préfère assurément choisir de manquer un rendez vous important, que de...

"Mais changeons de sujet tu ne me dis rien sur toi !"

"tu m'as manqué" lui dis-je, en éspérant que cela va la satisfaire, mais sans vraiment y croire. Elle insiste en souriant, j'aurais pu m'en douter, et j'ai un peu de mal à savoir quoi lui dire lorsqu'elle mange les popcorns par 6 en en laissant systématiquement tomber un au sol.

"Je ne sais pas quoi te dire, je fais mon boulot comme un zombie, j'ai un peu du mal a dormir la nuit, je grossis à vue d'oeil, je l'aime mais elle, je ne suis pas sûr, et je ne baise même plus assez pour savoir si je suis heureux..."

Elle s'interrompt, s'interloque, fait de grands gestes et finit innévitablement par virer ses pop corns au grand bonheur des pigeons :

"But it sux big time !!! It sux big time, it really sux ! why are you telling me this !!??"

Je hausse les épaules, lui souris, et remet mes mains dans mes poches.
Elle se lève en soupirant, et vient s'adosser à moi, de l'autre coté du banc. Elle soupire encore, une ou deux fois. c'est la première fois que nous passons si longtemps sans parler, mais il n'y a pas de malaise. Je m'en veux d'avoir causé son silence, moi qui avait attendu ses mots pendant tant de temps. Elle soupir encore et renverse sa tête sur mon épaule en me chuchottant :

"Why are you telling me this ?"

Mes épaules se lèvent encore.
Le vent aura soufflé, les feuilles auront volé, et on aura même eu le droit à un peu de pluie. c'est à ce moment qu'on bénit le grand sac qui peut aussi recevoir un parapluie pour deux. On aura jamais aussi peu parlé au final, mais j'aurais découvert qu'elle avait elle aussi des choses un peu moins joyeuses à me raconter, même sans mot dire. Dos à dos.
Dos à dos on a beaucoup fredonné de chansons ensemble. Dos à dos on a ri surtout. dos à dos elle a pleuré beaucoup. Je l'ai photographie à peine 5 ou 6 fois.



Ecorché ?

Emmène-moi danser dans les dessous des villes en folie puisqu'il y a dans ces endroits autant de songes que quand on dort

et on n'dort pas

alors autant se tordre ici et là et se rejoindre en bas, puisqu'on se lasse de tout, pourquoi nous entrelaçons-nous ?
Allez enfouis-moi passe-moi par dessus tous les bords mais reste encore un peu après que même la fin soit terminée; moi j'ai pas allumé la mèche c'est Lautréamont qui me presse dans les déserts, là ou il prêche ou devant rien on donne la messe...
Pour les écorchés serre-moi encore, étouffe-moi si tu peux toi qui sais ou après une subtile esquisse, on a enfoncé les vis...
Oh mais non rien de grave, y'a nos hématomes crochus qui nous sauvent et tous nos points communs dans les dents; et nos lambeaux de peau qu'on retrouve ça et là dans tous les coins... Ne cesse pas de trembler c'est comme ça que je te reconnais, même s'il vaut beaucoup mieux pour toi, que tu trembles un peu moins que moi.

Emmene-moi, emmene-moi on doit pouvoir se rendre écarlates et même si on précipite on devrait voir white light white heat
Allez enfouis-moi passe-moi par dessus tous les bords encore un effort on sera de nouveau

Calmes et tranquilles
Calmes et tranquilles


Serre-moi encore, serre-moi encore, étouffe-moi si tu peux... Serre-moi encore...



Y'a de l'abus...

D'habitude, chui un garçon posé, calme, gentil, patient, mais quand on me cherche on me trouve. Là ils s'attaquent carrément à un de mes films cultes et je trouve que y'a de l'abus. Alors pour ne pas passer pour la personne que je ne suis pas et pour ne pas partir dans un diatribe que personne en comprendrait (genre "get a life, Cil, prends du prozac et arrête de nous sâouler"), je préfère vous laisser juge...

'Closer', sortie en janvier 2005


'Les témoins', sortie en février 2007


Sur ce je vous laisse, faut que j'ailler crever les pneus du 4X4 du type qui a été honteusement payé pour pondre cette affiche...