Elle me dit que je suis triste. Que ma voix est triste. Que mes mots sont tristes. Mais elle ne sait pas pourquoi. Elle cherche. Elle me dira sans doute quand elle aura trouvé. Moi je m'en fiche, je sais déjà.
LE film, ZE film, c'est Solaris. Je veux même plus négocier avec moi-même. Ce film a le don de m'oppresser et de m'apaiser en même temps. C'est une nouvelle émotion qui n'est pas nommée. Et rien que pour ça, je pense que je peux le placer en tête de ma liste. Ce soir je le regarde et j'ai envie de pleurer, quand j'entends la pluie qui tombe derrière. quand j'entends le bruit sourd de la station spatiale. Quand j'entends le piano du piano bar. quand j'entends cette musique hypnotisante, hallucinante, déprimante, et plein de choses en "antes"...
J'en ai soupé de votre incompétence, mais je suis ravi qu'un mot si laid vous qualifie : un con pétant plus haut que ses fesses en l'occurrence, dont le cul rance est resté trop longtemps assis.
C'est sur les bancs qu'on apprend l'ignorance, en apprenant à répéter ce qu'on a appris, et que bardé de diplômes et de connaissances on dit "Je sais" au lieu de dire "Je réfléchis".
J'ai du respect pour les êtres qui pensent sans se regarder le nombril ou le Q.I . Et qui oubliant toutes leurs références peuvent parler de musique ou de poésie.
En attendant que votre intelligence ait intégré les valeurs de la modestie, je vous conchie avec concupiscence et je vous emmerderais bien un peu aussi.
"Personnellement, j’aime bien les bouches nettes avec un dessin un peu nerveux. Tout le contraire de Brad Pitt. Sa bouche est un pneu, si je voulais ça, je roulerais des patins à des Audi Quattro 5 portes."
"Somebody took my phone number and called Afghanistan. Afghanastan. I've never talked to anyone in fucking Afghanistan, I don't know nobody in Afghanistan, and even if did know anyone, I wouldn't talk to that Afghan ass for three hours !! I won't talk to my daddy for three hours!!"
Certaines personnes pensent qu'elles ne méritent pas l'amour. Elles partent en marchant vers des endroits vides, en essayant de combler les vides du passé.
Je pleus. des torrents, des rivières, des caniveaux, des bouches de tout à l'égout. Je tinte dans la plus appaisante des symphonies aléatoires, rythmée par le tonnerre qui s'est fait attendre. Gris inquiétant le ciel au parc Monceau, noir effrayant Rue de Courcelle. déchainé boulevard Pereire, là ou j'habitais jadis. Le vent s'est levé bien vite, et l'automne a rattrapé le printemps, tout du moins pour quelques heures. Je m'assois dans ce canapé en buffle, le fenêtre est ouverte et je me lave. Tous ces visages, toutes ces façades d'immeuble, ces détails qui me saturent et me fatiguent ou bout d'un moment. Heureusement bientôt, je vais partir. Assez loin et assez longtemps : Il est temps de prendre congé et de me laver avec ces gouttes bienfaisantes dont la mélodie me ravit. Je ferme l'oeil et ouvre les oreilles. Pour une fois.
Je ruisselle d'insouciance et de paix, je suis déjà parti depuis bien longtemps en attendant le vrai départ. Je m'écoule dans la cour, et je m'attriste qu'aucune goutte ne vienne mouiller les vitres de mon antre. Ca reste sec. Le plic et le ploc s'arrêtent dehors. Seul le gris rentre, et ces vagues qui tintent à mes oreilles. J'aurais bien mis de la musique, mais cette mélodie humide me va bien mieux aujourd'hui. Je me lave.
Le tonnerre a cessé d'importuner les nuages, et ils se déversent, comme moi. Le thé refroidit et le pain au chocolat n'a pas vraiment eu le temps de rassir. La pièce de grise devient jauneâtre, et j'ai juste envie de couler, m'endormir en écoutant la 2nde symphonie orageuse, et enfin m'envoler dans un fracas épouvantable.
traduction : P*tain, j'en ai vraiment ras le c*l, je souris comme un c*n, alors que je subis comme une grosse m*rde, et il faut encore en plus que tu m'infliges ça, p*tain de chi*tte !
signification : mets toi là, pose ton pied sur la chaise, penche toi en avant et tousse...
Conclusion : no matter what you do, no matter what you say, you're still screwed !
En bref : Le prochain qui me souhaite une bonne année, j'achète 12 cartes de voeux pour l'unicef, et je lui fais bouffer avec l'emballage plastique, ça fera au moins une bonne action.
J'ai perdu un sacré paquet de choses cette année. Pas toujours facile de perdre, surtout ce à quoi on tient. C'est même super dur. Je pense que je n'avais jamais perdu autant en si peu de temps. Je n'aime pas me retourner généralement, mais là c'est juste histoire de. histoire de laisser un petit caillou blanc sur cette année là. Petit le caillou, faudrait pas non plus buter dessus tous les 15 jours.
Mais c'est dur.
C'est dur parce que c'est raser d'une seconde tant d'année d'effort et de projets. Il faut réussir ensuite à se vider la tête de tout ce qui ne pourra plus se faire. Un long processus.
Avancer il faut avancer. Cette année, j'ai beaucoup perdu.
La première perte, parcequ'il le fallait, parcequ'il était temps, avant de tout perdre, de tout gâcher, de tout casser, de tout briser à jamais. Un bien pour un mal. Un choix, pas évident, un mal nécessaire.
La seconde perte, elle, est due à la connerie. A l'aveuglement. Au refus, à l'empirisme. Elle est donc d'autant plus injuste, parce qu'insupportable, parce que non justifiée. J'ai appris alors que l'aveuglement peut être total, irréversible, non raisonnable, inacceptable. Une folie comme seuls les humains savent la mettre en place, dans les cris, les mesquineries, les vengeances. Cette perte là, elle est trop violente pour réussir à la gérer. Alors je l'ai enterrée, aux oubliettes, au plus profond, blindée. Oui, il faut oublier.
Enfin, la dernière perte, c'est moi. Je me suis perdu, tout seul, sur le chemin tracé devant moi, à quelques mètres. Je ne sais plus bien ou je suis, ce que je dois faire. Je n'ai plus de repères, plus rien ou m'accrocher. A quoi bon fêter la fin d'une année et le début d'une autre, si c'est pour soi-même se sentir paumé ? mmm ? Moi je me demande.
2008, l'année du flottement.
Je flotte, je suis là, je me regarde flotter, les jours tournent, les semaines passent, les mois coulent. Je ne vais ni vers le haut, ni vers le bas. Je flotte. En zone humide, avec les loutres.
C'est ça qu'il me faut sans doute, un plaisir simple, intense, pur, genre nager avec des dauphins. Ou adopter un gosse. re-partir voir les enfants à l'hôpital. Mmm.
Il faut redonner un sens à toutes ces choses perdues. Une justification, pour qu'elles ne soient pas vaines.