lieu : la poste
purpose : envoyer une lettre en recommandé avec accusé de réception
heure : 12h12
Il y a 8 personnes devant moi. Je décide non pas de gruger tout le monde mais d'aller chercher un "formulaire" de recommandé avec ar aux guichets. Rien en vue, en libre service. Je me dirige alors vers un guichet déjà occuppé mais dont la personne remplit déjà un papelar...
- "excusez moi, est-ce que...
- faut faire la queue monsieur !
- Non mais pour gagner du t...
- IL FAUT FAIRE LA QUEUE MONSIEUR !
- *sourire* Oui il n'est pas question de gruger mais afin de faire gagn..
- Monsieur faites la queue, sinon vous ne serez pas servi, je vous le dis une DERNIERE FOIS
- ... *sourire*
Là vient le moment où il est temps de mettre en pratique ce que la vie a pu m'apprendre ces derniers mois. J'entends déjà le bruissement des feuilles sur le plateau népalais, les bols à prières qui résonnent, et les silences des kempôs en méditation. Mon sourire devient inconscient, empli de mes pensées :
- "Ce sont eux qui souffrent."
- "Le sage parle 3 fois, s'il n'est pas écouté il se retire dans la montagne."
- "Je m'efforcerai de rayonner un état d'esprit empli de bienveillance, de manière égale, à l'égard de tous les êtres."
Alors j'ai pris conscience que je devais les aider dans leur souffrance, et les guichetiers, et les patients dans la queue, et du haut de ma montagne j'ai lancé, à vois haute et claire à toute mon assistance :
"Est-ce qu'il y aurait une guichetier assez intelligent pour me tendre un formulaire de lettre recommandé avec AR afin que je puisse faire gagner du temps à absolumment tout le monde ?"
La jeune guichetière du fond a rigolé, seule, et m'a fait signe en agitant le formulaire. Je n'ai pas daigné regarder l'autre pequenot.
Ainsi va ce monde, on ne peut jamais savoir. Même savoir où mettre toute notre foi, et comment elle va grandir. Je vais m'éveiller, et mettre le feu aux trous de mes sombres souvenirs. Je vais m'éveiller, et changer mes erreurs en or. Ainsi va le passage du temps, trop rapide pour courber. Soudainement avalé par les signes, je suis à terre et je vois... Mais je vais m'élever, et trouver ma direction magnétiquement. Je vais m'éveiller, et jeter ma meilleure carte dans un trou.
Apprendre en moins de deux minutes que confondre sujet et destinataire d'un sms, ça donne des palpitations, des sueurs froides, des angoisses, mais surtout un grand moment de solitude. Et fuck.
Elle me dit que je suis triste. Que ma voix est triste. Que mes mots sont tristes. Mais elle ne sait pas pourquoi. Elle cherche. Elle me dira sans doute quand elle aura trouvé. Moi je m'en fiche, je sais déjà.
LE film, ZE film, c'est Solaris. Je veux même plus négocier avec moi-même. Ce film a le don de m'oppresser et de m'apaiser en même temps. C'est une nouvelle émotion qui n'est pas nommée. Et rien que pour ça, je pense que je peux le placer en tête de ma liste. Ce soir je le regarde et j'ai envie de pleurer, quand j'entends la pluie qui tombe derrière. quand j'entends le bruit sourd de la station spatiale. Quand j'entends le piano du piano bar. quand j'entends cette musique hypnotisante, hallucinante, déprimante, et plein de choses en "antes"...
J'en ai soupé de votre incompétence, mais je suis ravi qu'un mot si laid vous qualifie : un con pétant plus haut que ses fesses en l'occurrence, dont le cul rance est resté trop longtemps assis.
C'est sur les bancs qu'on apprend l'ignorance, en apprenant à répéter ce qu'on a appris, et que bardé de diplômes et de connaissances on dit "Je sais" au lieu de dire "Je réfléchis".
J'ai du respect pour les êtres qui pensent sans se regarder le nombril ou le Q.I . Et qui oubliant toutes leurs références peuvent parler de musique ou de poésie.
En attendant que votre intelligence ait intégré les valeurs de la modestie, je vous conchie avec concupiscence et je vous emmerderais bien un peu aussi.