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#345

Plus que l'amour, que l'argent, que la foi, que la gloire, que l'honnêteté, je veux la vérité.



Dimanche 13 janvier 2008



gris, jaune, humide.

Je pleus. des torrents, des rivières, des caniveaux, des bouches de tout à l'égout. Je tinte dans la plus appaisante des symphonies aléatoires, rythmée par le tonnerre qui s'est fait attendre.
Gris inquiétant le ciel au parc Monceau, noir effrayant Rue de Courcelle. déchainé boulevard Pereire, là ou j'habitais jadis. Le vent s'est levé bien vite, et l'automne a rattrapé le printemps, tout du moins pour quelques heures. Je m'assois dans ce canapé en buffle, le fenêtre est ouverte et je me lave. Tous ces visages, toutes ces façades d'immeuble, ces détails qui me saturent et me fatiguent ou bout d'un moment. Heureusement bientôt, je vais partir. Assez loin et assez longtemps : Il est temps de prendre congé et de me laver avec ces gouttes bienfaisantes dont la mélodie me ravit. Je ferme l'oeil et ouvre les oreilles. Pour une fois.
Je ruisselle d'insouciance et de paix, je suis déjà parti depuis bien longtemps en attendant le vrai départ. Je m'écoule dans la cour, et je m'attriste qu'aucune goutte ne vienne mouiller les vitres de mon antre. Ca reste sec. Le plic et le ploc s'arrêtent dehors. Seul le gris rentre, et ces vagues qui tintent à mes oreilles. J'aurais bien mis de la musique, mais cette mélodie humide me va bien mieux aujourd'hui. Je me lave.
Le tonnerre a cessé d'importuner les nuages, et ils se déversent, comme moi. Le thé refroidit et le pain au chocolat n'a pas vraiment eu le temps de rassir. La pièce de grise devient jauneâtre, et j'ai juste envie de couler, m'endormir en écoutant la 2nde symphonie orageuse, et enfin m'envoler dans un fracas épouvantable.


La sagesse n'est plus ce qu'elle était. Mais quand même.



La phrase du jour

"Mais écoute, c'est formidable..."

traduction : P*tain, j'en ai vraiment ras le c*l, je souris comme un c*n, alors que je subis comme une grosse m*rde, et il faut encore en plus que tu m'infliges ça, p*tain de chi*tte !

signification : mets toi là, pose ton pied sur la chaise, penche toi en avant et tousse...

Conclusion : no matter what you do, no matter what you say, you're still screwed !

En bref : Le prochain qui me souhaite une bonne année, j'achète 12 cartes de voeux pour l'unicef, et je lui fais bouffer avec l'emballage plastique, ça fera au moins une bonne action.


Don't be shy, say goodbye



Monologue.

J'ai perdu un sacré paquet de choses cette année. Pas toujours facile de perdre, surtout ce à quoi on tient. C'est même super dur. Je pense que je n'avais jamais perdu autant en si peu de temps. Je n'aime pas me retourner généralement, mais là c'est juste histoire de.
histoire de laisser un petit caillou blanc sur cette année là.
Petit le caillou, faudrait pas non plus buter dessus tous les 15 jours.

Mais c'est dur.

C'est dur parce que c'est raser d'une seconde tant d'année d'effort et de projets. Il faut réussir ensuite à se vider la tête de tout ce qui ne pourra plus se faire. Un long processus.

Avancer il faut avancer. Cette année, j'ai beaucoup perdu.

La première perte, parcequ'il le fallait, parcequ'il était temps, avant de tout perdre, de tout gâcher, de tout casser, de tout briser à jamais. Un bien pour un mal. Un choix, pas évident, un mal nécessaire.

La seconde perte, elle, est due à la connerie. A l'aveuglement. Au refus, à l'empirisme. Elle est donc d'autant plus injuste, parce qu'insupportable, parce que non justifiée. J'ai appris alors que l'aveuglement peut être total, irréversible, non raisonnable, inacceptable. Une folie comme seuls les humains savent la mettre en place, dans les cris, les mesquineries, les vengeances. Cette perte là, elle est trop violente pour réussir à la gérer. Alors je l'ai enterrée, aux oubliettes, au plus profond, blindée. Oui, il faut oublier.

Enfin, la dernière perte, c'est moi. Je me suis perdu, tout seul, sur le chemin tracé devant moi, à quelques mètres. Je ne sais plus bien ou je suis, ce que je dois faire. Je n'ai plus de repères, plus rien ou m'accrocher. A quoi bon fêter la fin d'une année et le début d'une autre, si c'est pour soi-même se sentir paumé ? mmm ? Moi je me demande.

2008, l'année du flottement.

Je flotte, je suis là, je me regarde flotter, les jours tournent, les semaines passent, les mois coulent.
Je ne vais ni vers le haut, ni vers le bas.
Je flotte.
En zone humide, avec les loutres.

C'est ça qu'il me faut sans doute, un plaisir simple, intense, pur, genre nager avec des dauphins. Ou adopter un gosse. re-partir voir les enfants à l'hôpital. Mmm.

Il faut redonner un sens à toutes ces choses perdues. Une justification, pour qu'elles ne soient pas vaines.

Je flotte, en zone humide avec les loutres.


Jalouse

j'suis jalouse à en faire trembler les gens à faire trembler mes jambes j'ai plus qu'à plonger en silence j'pourrai flotter inerte tu t'en balance et ça me ronge ça me pourri ça me rend dingue ça me fout en l'air quand je sais que tu t'envoies en l'air de l'air de l'air de l'air et même si j'le savais pas j'imagine tout c'est encore pire tu pourrai tomber amoureux recommencer une vie à deux plus tu l'a désires et plus j'expire et ça me ronge ça me pourrit ça me rend dingue ça me fout en l'air quand je sais que tu t'envoies en l'air j'suis jalouse à en faire trembler les gens et même si c'est moi qui casse j'm'en fout j'veux pas qu'on me remplace j'suis jalouse à en faire trembler mes jambes j'm'écraserai bien sur l'autoroute mais tu t'en fout t'es déjà loin... Le pire c'est d'être déjà trop loin déja trop loin est-ce que parfois des idées noires te traverse sans crier garre moi j'en ai un peu tous les soirs pourvu que le temps les écrases est-ce que tu penses encore à moi comme je pense encore à toi ? est-ce que tu souffres autant que moi ? si c'est moins j'te le pardonnerai pas.



aïe-cou

Tes yeux sont immenses et rien que pour ça
je n'ai aucune chance
congélateur.



A la demande pas générale...

Dans un contexte toujours croissant d'inimitié et de violence, on a toujours du mal à se placer. On nous le fait bien savoir, dans les journaux, à la télé, sur le web. Et il y a peu de chance pour que ça change. Même les statistiques vont dans ce sens, et ce depuis plusieurs années. alors plusieurs comportements possibles face à cette déferlante : soit on arrive à gérer tout ce qui se présente, et il devient alors possible de se détacher de tout ce qui vient polluer un quotidien saturé, soit on supporte ce marasme avec l'espoir que tout cela va s'améliorer. "Qui peut s'en plaindre ?" nous rabâchent les bien pensants, et leur pesante morale. Mais d'un autre coté il est vrai que réussir le tour de force de prendre à bras le corps toute cette spoliation quotidienne relève du miracle.
Alors bon, on est là comme ça, on se demande ce qui va nous tomber sur le coin de la thrombine, et puis on oublie, un peu au hasard ce qui nous a amené là. On divague, on s'étourdit, et la pilule se déglutit toute seule. Quoiqu'il en soit, on arrive toujours -toujours- à se dire que ca pourrait être pire, que par ou on est passé, on a vu pire et que dans le meilleur des cas, tout ça s'éparpillera, se dissoudra dans la marée de la vie. de là, la toiture n'est plus faite de chaume, mais de vraies ardoises de crimée, dans la plus pure tradition des couvreurs anglais. Bien sûr, il faut y mettre le prix, mais l'investissement est vite mis à flots, car nous le savons bien, une toiture bien couverte évite de lourds désagréments durant les saisons humides et venteuses. Quand on y pense, c'est plutôt facile de remettre en cause la dernière constitution, le rôle du président qui n'est que la clef de voûte des institutions, la représentativité toute relative des opinions du citoyen, mais ce serait comparer une île flottante à un marteau dernier cri, ce qui n'aurait pas vraiment de sens.
Alors ou commence le rêve et ou se termine le songe ? qu'on soit technicien ou spécialiste, ce n'est pas l'huître qui fait l'humeur du cordonnier, ni le shampooing qui rend ses moustaches au père ventru. Personne n'ira contre ça, je le sais, je le sais. Si l'on prend alors une règle graduée, qu'on pose son trousseau sur la console de l'entrée, et que -simultanément- on arrive sans perdre une goutte du précieux liquide, à ouvrir le bac a glaçons du répertoire à vacances, la vérité est sûre d'éclater au grand jour. Les unes des journaux à scandales ne s'en remettront pas, les ventes s'effondreront logiquement, et ce, même dans un contexte optimiste ou les habitants éprouvent un grand besoin de compassion et d'écoute. Ce sera alors la fin du ramassage des oignons à la main tel qu'on le connaît aujourd'hui, et laisseront leur place les plus abîmées des représentantes du bas-clergé, qu'elles soient jeunes, ou plus matures.
Et là, on a beau entendre à droite et à gauche qu'il n'est pas nécessaire de se vider complètement pour atteindre un certains confort de vie, voire une autre perpective pénitentiaire, il est facile de se perdre sans pour autant avouer sa faiblesse, et alors devenir vulnérable à toutes les agressions bacilactiques.

Pourtant, si on arrive à faire le point, à se demander ce qui a pu clocher à tel point qu'on ne comprend vraiment plus rien à rien, c'est la liberté qui vient vous délivrer par elle même, sans qu'on ne lui ai rien demandé, sans que même on ait eu besoin d'aller la déranger. Facile alors de dire pour celui qui de dessus admire le tableau et ose hurler bien fort que "de toutes façons, c'est toujours comme ça" ! On ne leur jettera pas la pierre de toutes façons. enfin, elle me demande si j'ai déjà parlé a une fille pendant 12 heures d'affilé, alors je lui réponds que je ne parle pas.



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